ProcĂ©dure : demande de suspension de lâexĂ©cution de lâarrĂȘtĂ© prĂ©fectoral mettant en demeure plusieurs familles de quitter un logement dans un dĂ©lai de 7 jours (article 38 loi DALO du 5 mars 2007) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative (rĂ©fĂ©rĂ©-suspension).
Demandeur / Défendeur : Demandeur (plusieurs familles avec des enfants)
Constat dâoccupation : avril 2026
Date de l'arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral : 21 mai 2026
Date de la saisine du TA : 28 mai 2026
Date de lâaudience : 12 juin 2026
PropriĂ©taire : UCRM â association qui fait de lâhĂ©bergement social (lieu mis Ă disposition par Les Chalets â bailleur hlm)
RĂ©sumĂ© de la dĂ©cision : La prĂ©fecture se voit suspendre son arrĂȘtĂ© dâexpulsion sous 7 jours !!!
- Sur lâurgence : Le juge estime que les familles occupantes remplissent les conditions dâurgence. Bien quâune famille ait refusĂ© une place en CADA, lâarrĂȘtĂ© dâexpulsion concerne lâensemble des habitantes. De plus, lâexpulsion potentiel dâenfant justifie elle aussi de lâurgence.
A noter que les occupantes ont essayĂ© de faire reconnaitre une prĂ©somption dâurgence :
« Ils [les occupants] soutiennent que : en ce qui concerne lâurgence :
- les dispositions de lâarticle 38 de la loi du 5 mars 2007 instaurent un mĂ©canisme de prĂ©somption dâurgence au bĂ©nĂ©fice de lâoccupant saisissant le juge des rĂ©fĂ©rĂ©s ; » (Voir conclusions du rapporteur public devant le Conseil dâEtat : CE, 14 novembre 2025, Mme DâŠ, n° 504271)
« 6. LâarrĂȘtĂ© prĂ©fectoral en litige, qui met en demeure indistinctement les occupants du bien occupĂ© de quitter les lieux sous peine dâĂȘtre expulsĂ©s, au terme dâun dĂ©lai de sept jours Ă compter de sa notification, par dĂ©cision du prĂ©fet qui peut intervenir Ă tout moment et avec le concours de la force publique, est susceptible, du fait de son objet et de ses effets, de produire une situation irrĂ©versible. Le prĂ©fet de la Haute-Garonne, qui a produit en dĂ©fense, ne conteste pas la situation dâurgence exposĂ©e par les requĂ©rants en se bornant Ă indiquer que ces derniers sây seraient eux-mĂȘmes placĂ©s en pĂ©nĂ©trant sciemment dans un logement sans lâautorisation du propriĂ©taire et en faisant valoir que ceux-ci, qui ne constituent du reste quâune partie des occupants, auraient reçu une proposition dans un CADA Ă NĂźmes quâils auraient refusĂ© au prĂ©texte dâun suivi mĂ©dical non dĂ©montrĂ© Ă Toulouse. Eu Ă©gard, en outre, quâil rĂ©sulte de lâinstruction que des enfants sont prĂ©sents dans les locaux, il y a lieu, dans les circonstances particuliĂšres de lâespĂšce, de considĂ©rer que la condition tenant Ă lâurgence, au sens des dispositions de lâarticle L. 521-1 du code de justice administrative, est remplie. »
- Sur la lĂ©galitĂ© de lâarrĂȘtĂ© : La prĂ©fecture nâa pas pris en considĂ©ration la situation personnelle des occupantes (obligation faite par le Conseil Constitutionnel).
« 9. En lâĂ©tat de lâinstruction, les moyens selon lesquels lâarrĂȘtĂ© attaquĂ© est entachĂ© dâun vice de procĂ©dure au regard des dispositions de lâarticle 38 de la loi du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable en lâabsence dâun diagnostic social de la situation des occupants et est entachĂ© dâune erreur de droit et dâune erreur dâapprĂ©ciation, dĂšs lors que les conditions dâapplication de lâarticle 38 de la loi du 5 mars 2007 ne sont pas rĂ©unies, tels quâils ont Ă©tĂ© visĂ©s et analysĂ©s, sont propres Ă crĂ©er un doute sĂ©rieux quant Ă la lĂ©galitĂ© de la dĂ©cision en litige. »