TA - Lyon - 1er mars 2024 - N°2401407


Date de la décision : 01/03/2024
Juridiction : Tribunal Administratif de Lyon
Numéro RG : 2401407
CatĂ©gorie : ProcĂ©dure d'expulsion par arretĂ© prĂ©fectoral (art-38 loi dalo) > Le propriĂ©taire est une personne morale (public, entreprise, hlm) > ArrĂȘtĂ© expulsion 7 jours
Mots clés : article 38 DALO expulsion préfecture référé


ProcĂ©dure : demande de suspension de l’exĂ©cution de l’arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral mettant en demeure une famille de quitter un logement dans un dĂ©lai de 7 jours (article 38 loi DALO du 5 mars 2007) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative (rĂ©fĂ©rĂ©-suspension).

Demandeur / Défendeur : Demandeur

Date de l'arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral : 6 fĂ©vrier 2024

Date de saisine du TA : 12 février 2024

Date de l’audience : 1er mars 2024

Propriétaire : Société

RĂ©sumĂ© de la dĂ©cision : Suspension de l’expulsion !!! 

  • Sur l’urgence : 

« Eu égard, en outre, à la situation des requérants, parents de cinq enfants dont trois mineurs, alors que certains membres de la famille ont un état de santé préoccupant dont notamment le plus jeune enfant, diabétique, porteur d'une pompe à insuline, hospitalisé durant prÚs d'un mois, en fin d'année 2023, du fait du déséquilibre de son diabÚte, il y a lieu, dans les circonstances particuliÚres de l'espÚce, de considérer que la condition tenant à !'urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est remplie. »

  •  Sur la lĂ©galitĂ© de l’arrĂȘtĂ© : La prĂ©fecture n’a pas pris en considĂ©ration la situation personnelle des occupantes alors qu’il en a l’obligation et le dit elle-mĂȘme lors de l’audience ! De plus, il y a violation de la convention internationale aux droits de l’enfant (CIDE).

« 7. En outre, dĂšs lors qu'il rĂ©sulte de l'instruction, ainsi que l'ont confirmĂ© les reprĂ©sentants de la prĂ©fĂšte du RhĂŽne lors de l'audience, que la situation de M. et des membres de sa famille n'a pas Ă©tĂ© examinĂ©e prĂ©alablement Ă  l'Ă©diction de la dĂ©cision en litige, le moyen tirĂ© du dĂ©faut d'examen et l'absence de tout diagnostic est de nature, en l'Ă©tat de l'instruction, Ă  crĂ©er un doute sĂ©rieux quant Ă  la lĂ©galitĂ© de cette dĂ©cision. Il en est de mĂȘme, dans les circonstances trĂšs particuliĂšres de l'espĂšce, du moyen tirĂ© de la mĂ©connaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, eu Ă©gard Ă  la trĂšs grande vulnĂ©rabilitĂ© du plus jeune enfant du requĂ©rant, atteint de diabĂšte insulino­dĂ©pendant, ce dont justifient les diffĂ©rentes attestations mĂ©dicales versĂ©es au dossier. »
38 DALO (article) :
L’article 38 DALO permet de solliciter le PrĂ©fet afin de procĂ©der Ă  une expulsion administrative (sans juge) des lieux squattĂ©s constituant un domicile ou un local Ă  usage d’habitation.
Si elle fait l’économie de la procĂ©dure juridique classique, cette procĂ©dure
n’autorise pas pour autant la police Ă  venir dĂ©loger les occupantes sans prĂ©venir.
 
Il y a deux applications de l’article 38 DALO : 
  • Le DALO 24h
qui s’applique en cas de squat de domicile. Le propriĂ©taire est capable de prouver qu’il s’agit de sa rĂ©sidence (principale, secondaire ou occasionnelle) ou que le logement est meublĂ©. Il y a alors 24h minimum avant l’expulsion et le recours est non suspensif (ça veut dire que ça n’interrompt pas la procĂ©dure en cours, tu peux toujours te faire expulseer pendant que tu essaies de faire annuler la dĂ©cision). 
 
  • Le DALO 7 jours
Qui s’applique en cas de squat d’un local Ă  usage d’habitation (lorsque le propriĂ©taire ne peut pas prouver qu’il s’agit d’un domicile). Il y a 7 jours minimum avant expulsion et le recours est suspensif
 
Normalement, le prĂ©fet doit prendre en considĂ©ration la situation des personnes. Une mise en demeure de quitter les lieux est dĂ©livrĂ©e. 
Dans cette situation, on peut tenter un référé suspension auprÚs du Tribunal Administratif (cf le tuto "Survivre à un DALO 7 jours. Un guide en 6 étapes")

Préfet :
Il existe plusieurs prĂ©fets, de RĂ©gion ou de DĂ©partement. Ce sont des hauts fonctionnaires, dĂ©signĂ© par dĂ©cret par le PrĂ©sident de la RĂ©publique. Ils reprĂ©sentent l’Etat Ă  l’echelle locale, chargĂ© de faire appliquer les lois. Il est le chef de la police et de la gendarmerie sur son territoire. 
Il a le pouvoir de faire des requisitions, mais prĂ©fĂšre bien souvent celui de faire des expulsions. 
 
C’est lui qui est sollicitĂ© par les propriĂ©taires lorsqu’ils souhaitent activer le 38DALO. Il a alors 48h pour rĂ©pondre. Sa dĂ©cision, favorable ou non doit ĂȘtre motivĂ©e. 
 Il tranche plus largement sur les dĂ©marches administratives (il distribu les titres de sĂ©jours et dĂ©livres des OQTF...). 

Référé suspension :
Le RĂ©fĂ©rĂ© suspension est une demande au juge des rĂ©fĂ©rĂ©s du tribunal administratif de suspendre l'exĂ©cution des effets d'un acte administratif (par exemple une decision de justice de ce mĂȘme tribunal), partiellement ou en totalitĂ©.  Ce rĂ©fĂ©rĂ© a lieu avant que ne soit statuĂ© "au fond" sur la lĂ©galitĂ© de cet acte. La personne doit justifier de l'urgence de sa demande. 

Tribunal Administratif (TA) :
Concerne les bĂątiments Ă  usage public et/ou les recours contre les expulsions Ă  l'aide de l'article 38 DALO (expulsion avec arrĂȘtĂ© 24h ou 7 jours) et/ou les recours contre l'octroi du concours de la force publique.